Description



A presque quinze ans, Myllia a tout pour elle.
Elle est jolie, studieuse, elle a plein d'amis, et elle l'a, lui.
Un jour, quinze bougies, tout bascule: sa vie et la promesse d'un avenir heureux avec celui qu'elle aime.
Mais rien ne détruit l'amour pas même la mort...




(c) Myllia's texte

# Posté le mercredi 25 juin 2008 18:26

Modifié le samedi 07 mars 2009 12:29

Chapitre 1 "La soirée de ma vie"

Chapitre 1 "La soirée de ma vie"
La vie n'est qu'un long fleuve tranquille,
parsemé de petites vaguelettes...


"Prochain arrêt : La Gardiole"
Oups! Et bien, il me semble que c'est ici que je descend! Peut-être devrais-je ramasser les affaires de mon sac de cours dont la fermeture vient de mourir, et il serait intelligent que je récupère mon gilet qui a filé sous les sièges ainsi que je pense à récupérer ma pince à cheveux qui doit être dans les mains d'un des garçons à l'arrière. Enfin, peut-être, où je risque de rater mon arrêt, encore une fois.
Je me faufilai entre les sièges, sous les regards effarés de quelques enfants qui ouvraient des yeux ronds comme des billes.

-Hé bien quoi, ça vous est jamais arrivé de faire tomber quelque chose par terre?!

Je retournai a ma besogne avec un grognement, j'y était presque, ma veste je la voyais! Encore quelques petits centimètres, et je l'aurais. Allongée sous les sièges à présent, je tendis la main au maximum, et le bus s'arrêta, laissant quelques élèves descendre. Ça y est! Je l'ai ! Vite, je me levai en courant, attrapai mon sac à la fermeture cassé, ma veste miraculée et courus vers la sortie du véhicule.

-Zut, ma pince!

Demi tour, je retournai à l'arrière du car, donnai deux ou trois coups sur les têtes de chaque, et voila le travail!
De nouveau dépêchée je me rua vers la sortie avec cette fois toutes mes affaires. Trop tard. Avec un petit pshit familier, les portes se rabattirent, hermétiquement.

-Monsieur s'il vous plait! Je sors là!

Le vieux conducteur me regarda, lassé et me répondit avec son habituel ton bourru.

-Non tu descendais là. Maintenant tu sortira au prochain arrêt!

Grrrrrrrr! Je bouillonnais intérieurement, pourquoi moi? Pourquoi la porte devait toujours se fermer devant moi? Ce n'était pas de ma faute si j'avais perdu ma veste! Ni si on m'avait volé ma pince! Ni même si la fermeture éclair de mon sac avait décider de terminer sa vie aujourd'hui!

-Hé Myllia, je dois venir a qu'elle heure pour ton anniversaire samedi au centre jeune?

Je me retournai, une jeune fille blonde et aux yeux bleus me regardait, je me calmai instinctivcement. Il était impossible d'être énervée avec elle. Je réfléchis à sa question, j'avais le temps maintenant! Je me mis alors à compter sur mes doigts les choses à faire et répondit avec un air malicieux à ma meilleure amie.

-Bah, viens vers 15h comme ça tu m'aides a tout préparer ! Répondis-je
-Ma chérie, avec moi ton anniversaire va être le plus réussi de toute ta vie, me confessa-t-elle avec un clin d'½il

Nos regards se croisèrent. On explosa de rire et le visage de mon amie se tordit dans un rictus de bonheur qui la rendait si belle. Lorsqu'elle riait chaque parcelle de son corps laissait paraître sa joie de telle sorte qu'elle n'arrivait jamais a masquer ses émotions. Sa bouche s'étirait en un immense sourire exposant ses dents maintenant parfaitement alignées après trois horribles années d'appareil dentaire. Ses yeux évoquaient la malice et sa respiration était saccadée, laissant a son ventre couleur pêche le soin de faire d'étranges convulsions, pour reprendre le contrôle de sa respiration. Ses cheveux, de belles mèches blonde lui arrivant maintenant aux épaules depuis le mois dernier, suivaient eux-aussi le mouvement de son corps, surprit par cette démonstration soudaine de joie.

Tella et moi, on se comprenait, on ne se connaissait que depuis le début de l'année, il y avait de ça quelques mois et on était déjà inséparable ! C'est fou comme tout allait si vite des fois !
Le bus s'arrêta une nouvelle fois.

-Allez vas-y ou il va te faire sortir à l'arrêt suivant!

Avec un sourire, je pris mon sac et descendis en adressant un au revoir de la main à ma meilleure amie qui me regardait partir, le regard chargé d'une soudaine solitude dont j'étais la cause. Je survolai les pavés de la rue de mes petits pas légers, pour regagner le chemin de la petite maison que mes parents avaient fait construire lorsque j'avais trois ans, il y a presque douze ans de ça maintenant.
Demain à 20h35, nous serions le jour J, l'heure H, la minute M, le moment où, quinze ans plus tôt exactement, ma mère me mettait au monde. Je montai les marches du perron d'entrée, effleurant au passage le crépis rose clair de la maison que j'avais choisis moi-même petite, faute de pouvoir avoir du rose fluo ou du rose Barbie, dont j'étais très fan à l'époque, et franchis la porte.

-Salut maman !
-lut'
J'avançai vers elle intriguée.
-Tu fais quoi, demandais-je en posant un pas vers elle.
Elle se retourna rapidement et s'empressa de fermer ce qui ressemblait à des documents officiels.
-Ho, euh rien ! Je...euh...relisais de vieux souvenirs ! Je tri un peu tu vois, la maison est pleine de vieux petits bout de papiers qui n'aspirent qu'a être recyclés, autant être écologique!

Je la regardai fixement. Je savais qu'elle mentait : elle n'a jamais su mentir ! Lorsqu'on ment, les petits signes sont en général très voyant pour la personne qui nous observe, et ma mère, avait, je l'avait déjà remarqué mainte et mainte fois au cours des ans, le regard qui se défilait a chaque mensonge . D'un naturel très franc, ma mère regardait toujours quelqu'un dans les yeux lorsqu'elle lui parlait, mais, ayant peur que ses yeux la trahissent, elle regardait toujours ailleurs lorsqu'elle mentait. Mais bon, surement que ça devait être quelque chose pour mon anniversaire alors je n'insistai pas tellement, a quoi bon, têtue comme elle était, c'est vrai je tenais beaucoup d'elle surtout sur ce point, elle ne me dirait rien de toutes façons .
Je filai dans les escaliers en bois, passant sous les lambris qui ornaient les murs de la cage d'escalier, m'engouffrai dans ma chambre au fond du couloir, jetai mon sac sur mon lit deux places et allumai l'ordinateur de mon bureau.

« You have a new mail ! »

J'attrapai ma souris et cliquai sur le petit chien qui sonnaient comme à son habitude l'arrivée des messages électroniques qui étaient sur ma boîte d'incredi-mail en réalisant que l'informatique était une des meilleures inventions du monde.

« Salut Myllia, c'est El'
Ben voila, je viens d'arriver chez moi donc je t'envoies ce mail, réponds moi quand tu arrive stp.
Tu me manques déjà, bsx je t'aime... »


Eleo, mon petit copain, mon beau petit copain. Je l'aime tellement! Je crois que je n'ai jamais aimé quelqu'un comme ça, mais bon, je tourne au pathétique. En général, dans la cour du collège pendant les récréations et le temps de cantine on est toujours ensemble, la main dans la main, à s'embrasser. Moi je trouve ça hyper romantique, surtout que mon amoureux du romantisme il n'en manque pas, mais je crois que Tella commence a en avoir franchement raz le bol, ça se voit dans ses yeux lorsqu'on s'embrasse elle regarde toujours ailleurs comme si on l'ennuyait. Je la comprend, elle est célibataire depuis si longtemps, depuis qu'elle s'est fait lachement larguée par un gars dont elle était follement amoureuse. Depuis, elle n'était plus tombée amoureuse et se méfiait de tout les garçons.

Perdue dans mes pensées, je m'assis devant l'écran plat de mon ordinateur que j'avais eu pour noël et commençai à pianoter d'une main agile et rapide sur le clavier que je connaissais par c½ur pour être restée des heures devant l'écran pendant les vacances, pour répondre à l'amour de ma vie qui, je le savais bien, se serait stressé pour rien si je ne lui avais pas envoyé de messages.
Aussitôt fait, je m'installai confortablement sur mon lit pour bouquiner après cette journée de cours en pensant que décidément, j'aimais bien toutes ces petites attention que m'offrait ce si beau jeune homme et que je ne pourrais sans doute plus vivre sans lui.

Ce fut bien deux heures après, alors complètement plongée dans mon livre, un gros pavé contenant les sept volume du "Monde de Narnia", isolé des tracas de la vie, que j'entendis au loin dans le monde réel ma mère m'appeler pour passer a table. A contre c½ur, je lâchai mon livre si palpitant et descendis les escaliers en traînant un peu les pieds. J'arrivai dans la salle de séjour et m'approcha discrètement a la table en disant bonjour a mon père qui avait apparemment, il lui restait des copeaux de sciures dans les cheveux et des ampoules dues à la scie, profité de son jour de congé pour aller aider un ami a bricoler. Il me répondit distraitement, il était plongé dans ses pensées. Finalement il s'adressa a moi.

-Myllia, viens là, près de moi.
-Oui, ton père et moi avons quelque chose a te dire. Rajouta ma mère, hésitante.

Je m'assis, inquiète de voir un air si sérieux sur le visage de mes parents. J'essayais de me rassurer.

-Bon, dis-je avec une voix de faussement inquiète, que se passe-t-il ? Vous venez de recevoir mon bulletin scolaire ? Il est mauvais en histoire, je sais mais c'est la seule matière qui ne m'intéresse pas, désolé ! Ou alors se n'est pas ça du tout, peut-être qu'il y a un problème avec la fête, ou alors quelqu'un de la famille est mort ?!
-Eh bien, a peu de choses près, oui, c'est a peu près ça...
-Tu as un mauvais bulletin en histoire? coupa ma mère.

Oups, j'aurais mieux fait de me taire!

-Florence!
-Oui excuse moi, on verra ça plus tard.

Le plus tard prévoyait d'être joyeux dis donc!

-Donc je te disais, en quelques sortes...
-Ah..et...c'est qui?

Mon père prit une grande inspiration comme s'il hésitait.

-Et bien...En fait, cela s'est passé il y a tellement longtemps, il y a presque quinze ans maintenant.

L'année de ma naissance? Qu'avait-il bien pu se passer?

-Papa, de qui...
-Laisse moi finir, me coupa mon père, voilà, nous avons pensé, ta mère et moi, que maintenant tu était grande et que tu pouvais comprendre...
-Mais comprendre quoi?

Ce petit jeu m'énervait, je ne savais pas où mon père voulait en venir, mais il tournait autour du pot, et cela commençait sincèrement à m'agacer. Mon père a regardé ma mère, qui lui a jeté un regard encourageant. J'avais envie de lever les yeux aux ciel et de partir m'enfermer dans ma chambre.

-Ce que je vais te dire vas sûrement te faire un choc, mais cette vérité t'appartient, nous devons te la dévoiler.
Alors voilà..

Il me raconta qu'il y a quinze ans, le journal a affiché un terrible nouvelle. Un couple, avait été assassiné, chez eux. On n'avait jamais retrouvé l'agresseur ni l'arme du crime et cela avait été une terrible nouvelle pour les amis des victimes, alors âgés respectivement de dix-huit et dix-neuf ans. Ce cher couple était heureux, et ils avaient même eu une petite fille, un charmant petit bébé qui a été retrouvée en pleurs dans son berceau le jour du meurtre, intact, alors que tout l'environnement autour avait subi les signes évident d'une lutte ardente. Les parents de l'enfant étant soit orphelin pour la mère et en colère pour le fils, l'enfant risquait fort de finir a l'orphelinat. Ce fut donc les meilleurs amis des victimes qui en eu la garde, après s'être battu pour l'avoir...

Je portai mes mains à ma bouche, retenant un cri d'effroi. Je ne cessais de regarder ma mère et mon père a tour de rôle. J'en était sûre, l'un d'eux allait crier "On t'a bien eu", ou "poisson d'avril", je leur répondrais que nous ne n'étions pas en Avril et la vie reprendrait son cours normal! Ça, c'est se que je pensais! En réalité, mes parents n'en firent rien et je me laissa glisser sur le sol , anéantie.

Ma mère fit le tour de la table et vint me prendre dans ses bras en me lançant un regard compatissant. Nous restâmes longtemps sans parler, attendant que quelqu'un brise ce silence pesant. Personne ne le fit, ce fut mon estomac qui nous réveilla de notre torpeur.

-Je...je vais servir le dîner!

C'était la seule chose que ma mère réussi à dire d'un ton naturel de toute la soirée.
Ce soir là, on alla rapidement se coucher la mort dans l'âme pour moi, soulagés d'un poids mais affreusement triste pour mes parents. Enfin, c'est ce dont ils avaient l'air leurs visage austère, les traits tirés et les yeux humides de ma mère.


- Noooooon!

Je me réveillai en sueur. J'avais fait un horrible cauchemar! Je réfléchis, c'est bizarre, je m'en rappellais déjà plus! Ça parlait d'un accident avec une voiture je crois, enfin, bref, ça ne fait rien.
Je me relevais sur mes coudes lorsqu'un rayon de soleil chatouilla mon visage, je n'avais pas fermé les volets hier soir, un bon point pour moi, ma liste de choses à faire étant longue à commencer par de sérieuses révisions pour mon futur brevet des collèges, je n'aurais pu me permettre ne serais-ce que d'envisager de faire la grasse matinée.

-Mmm...quel jour sommes nous? me demandais-je tout haut.
- Le vingt-deux juin ma puce! me répondit ma mère qui avait suivi mon monologue depuis le couloir. Bon anniversaire!
-Tiens, c'est bizarre! m'exclamais-je
-De quoi parle tu?
-Et ben...j'ai quinze ans aujourd'hui et pourtant, je ne me sens pas changé, répondis-je avec un air stupide en riant.

Ma mère rigola de bon c½ur et m'abandonna pour ses occupations.
La nuit m'avait porté conseil, et j'avais fini par me convaincre de simuler l'amnésie au sujet des révélations de la nuit dernière. Je ne souhaitais pas en parler et mes parents non plus sûrement. Et c'était bien mieux comme ça à mon avis. Je savais la vérité, j'en étais consciente et je m'en foutais alors ça s'arrêtait la.
En arrivant à la cuisine, je remarquai que mes parents avaient pris la même bonne résolution car tout deux me souhaitèrent un bon anniversaire sans faire de commentaires. J'avalai mon petit déjeuner et allai dans ma chambre pour réfléchir aux programme des préparatifs de ma fête. J'étais encore en train d'ériger une longue liste lorsque mon père m'appela pour le déjeuner.
Pour mon anniversaire, ma mère avait préparée mon repas préféré et mon père m'avait confectionnait un gros gâteau tout chocolat. Nous mangeâmes gaiement tout en parlant de choses et d'autres comme chaque jour. A vrai dire, c'était un jour normal, a part que j'avais un an de plus aujourd'hui. Le repas de mes parents se révéla être délicieux, même si je n'en doutais pas. Après m'être resservi trois fois de gâteau je félicitai mes parents. Mon père sourit de malice et se leva de table.

Il disparu dans le garage le sourire aux lèvres. Quand il revint, il tenait un énorme paquet cadeau. Il me le donna et partagea avec ma mère un sourire mystérieux qui me fit rire. Sans attendre, j'arrachai le papier cadeau et découvrit une grosse boîte qui ressemblait à une boîte de chaussures géante. En la soulevant avec précaution, je remarqua des petits trous qui m'intriguèrent. Je regarda tour a tour mes parents avec mon regards chargé de curiosité et ma mère me répondit par un mouvement de tête qui m'encourageait a ouvrir la boîte. J'allais m'exécuter lorsque j'entendis un petit glapissement provenant de l'intérieur du paquet qui me fit m'arrêter d'un coup se que je faisais. Je sursautai. Tout doucement, je soulevai le couvercle et aperçut une petite frimousse doré qui me lécha la main avec affection.

Je levai les yeux vers mes parents, le regards bouillant de larmes de joie. Je n'y croyait pas. Cela faisait tellement longtemps que je voulais un chien! Et ce petit golden retriever doré était tout ce que j'avais toujours rêvé. Je bégayai un merci et prit le chien dans mes bras. Je n'avais pas réussi a prononcer plus tellement j'étais reconnaissante, mais mes parents avaient compris, cela se voyait dans leur regard. Il était si mignon! avec ses yeux bleus, ses oreilles qui tombaient et sa langue qui pendait. Je décida de le baptiser Nouky

Je finis par trouver les mots, et remercia mes parents comme je le devait en ponctuant un merci d'un gros bisou. Ensuite, je partis m'isoler dans ma chambre avec l'intention de m'occuper de mon petit protégé auquel j'avais tellement pensé depuis plusieurs années. Je jouai longtemps avec lui, jusqu'à se qu'il aille se rouler en boule dans un coin, et que je ne puisse obtenir de lui qu'un grognement menaçant de fatigue. Finalement, je le porta sur un petit coussin pour chien que mes parents avaient achetés spécialement pour lui et je me rendis épuisée de cette première journée de bonheur à mon propre lit.

Le lendemain, je me leva tôt et commença a préparer les affaires pour la fête du soir, frétillante d'excitation pour ma nouvelle vie pendant que mon nouveau compagnon gambadait entre mes pieds.

-Voyons Nouky! Je suis occupée là! le grondais-je gentiment, pour pas me le mettre a dos.

Mais, ignorant mes remontrances, le chien continuait de me piétiner. C'est pas de sa faute le pauvre, il ne connaît même pas encore son nom! Quoi qu'il en soit, j'eus fini de me préparer vers 14h et abandonna tout quelques heures, pour aller délirer avec Tella après manger et avec mon nouvel ami a quatre pattes.
Quand elle me vit arriver du haut de la fenêtre de sa chambre au premier étage, elle n'en crut pas ses yeux et s'empressa de descendre avant qu'aucun son n'ai pu sortir de mes lèvres.

-Alors ils te l'ont enfin acheté! s'exclama-t-elle tout aussi heureuse pour moi Promets moi de m'appeler a chaque fois que tu le sortiras!
-Promis! répondis-je avec un sourire malicieux. mais tu ramasse les crottes!

Elle me lança un regard indigné.

-Ah ça non! Même pas en rêve!

Nous partîmes dans un fou rire qui dura grâce à plusieurs récidives tout l'après-midi, jusqu'à ce qu'elle me ramène chez moi, en insistant pour tenir Nouky, pour que je puisse me faire belle avant la fête de mon anniversaire.
Après avoir cogité longtemps, je finis par réussir a me coiffer impeccablement, du moins, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que Nouky me couvre de coups de langues quand je le pris dans les bras. Je dus retourner a la salle de bains et perdre encore un demi heure. Je finis par prendre mon sac, le carton a pizza, qui pesait lourds Je n'avais pas vérifié dedans mais, au poids, je sentais que les pizzas étaient bien là! Eléo et sa mère passèrent me chercher rapidement et nous retrouvâmes sur la route du centre jeunes.



Lorsque nous arrivâmes Eleo et moi, nous fûmes surpris des éclairages qui illuminaient l'entrée. En effet, le hall ressemblait plus a une salle de fête qu'a un vieux bâtiments tout pourri. Je gravit les escaliers quatre a quatre, en équilibre avec mon sac et mon carton pour féliciter mes amis, provisoirement décorateurs. Tout en me débrouillant pour ouvrir la porte sans les mains, je demandais a Jordane, l'animatrice où se trouvais les autres puisque apparemment ils n'étaient pas ici.

-Mmm..ils sont partis chez Tella qui avait oubliée un CD, me répondit-elle
-Ah...ben...merci, répliquais-je un peu dépitée.

Je tourna la tête vers Eleo qui me répondit par un baiser léger sur mes lèvres en voyant que j'étais déçu de ne pas voir mes amis.
Je tourna les talons et m'approcha d'une deuxième pièce afin de déposer ma veste, mon sac et ce carton qui commençait a me strier les doigts a cause du poids, se qui semblait bizarre quand on sait qu'il n'y avait que des pizzas. J'allumai la lumière et m'apprêta à inspecter la boîte lorsqu'un bruit retentit dans la pièce où je me trouvais.
Mes amis surgirent d'un seul coup de derrière la porte et les meubles. Tous en c½ur, ils me souhaitèrent un joyeux anniversaire et m'encerclèrent. Je déposa rapidement le repas ainsi que mon sac et mon manteau et partit dans la grande salle accompagnée de mes amis, le sourire aux lèvres sans entendre le petit glapissement qui s'échappa soudain du carton.

Pendant près de deux heures, je dansa avec quelques copines sur une compile avec les dernières musiques branchées qu'un de mes meilleurs amis avait fait spécialement pour anniversaire. Après m'être déhanchée pendants plusieurs morceaux, Eléo arriva et m'invita a danser la prochaine musique. J'accepta et notre DJ improvisé, voyant ce couple sur la piste mit un slow pour nous laisser le temps de danser au calme, nos corps balançant l'un contre l'autre au rythme lent et mélodieux de la chanson. La chanson se termina comme je l'avait espéré, et mon petit ami étant largement plus grand que moi en taille se pencha sur moi et, m'enlaçant encore plus étroitement, m'embrassa au c½ur de la scène, sous les spots et les amis qui se retenaient presque de respirer, ayant trop peur de nous déranger.

Je le quitta a regret, car ses amis finirent par l'appeler, ils devaient sûrement en avoir raz le bol que j'accapare leur ami. Cherchant Tella des yeux et ne la trouvant pas, je m'approcha du buffet et entama une discussion avec Bridget qui n'aimait beaucoup danser. Je discuta longtemps avec mon amie aux cheveux blonds roux et aux yeux bleus turquoise qui reflétaient une profonde énergie. Je l'aimait bien moi Bridget !

Lorsque la conversation arriva sur le collège et que mon amie vint a parler d'histoire, je grimaça et l'interrompit, ne désirant pas beaucoup parler de cette matière que je n'affectionnais pas. Ce n'était pas de la faute du prof, au contraire, celui-ci était très gentil, et rigolait souvent, mais curieusement, je n'avais trouvé utile d'apprendre quelque chose qui s'est passé il y a des siècles, d'ailleurs, mon dégoût pour cette matière ce faisait ressentir dans mes notes, ce ne mettait pas en joie mes parents. Tella arriva par derrière sans que je l'ai aperçu, et ayant suivie quelques brides de notre conversation, elle s'indigna :

-Bon les filles, le week-end c'est fait pour se relaxer et pour ce sortir de la tête tout ce qui concerne le grand-batiment-qui-se-situe-a-cinq-kilomêtres-d'ici-et-dont-je-ne-prononcerais-pas-le-nom-de-peur-de-faire-des-cauchemars-ce-soir !
-C'est vrai tu as raison, approuva Bridget en secouant de la tête.
Ma meilleure amie se tourna vers moi.
-Et si on attaquait les pizzas ?
-C'est en effet une excellente idée ! S'exclama Liam, qui arrivait prenant Bridget sa petite copine, par la taille.

Tout sourire et satisfaite de ce début de soirée, je tourna les talons et alla chercher le repas que tous attendait avec appétit, qui se trouvait dans la fameuse « pièce surprise ». C'est en l'attrapant que je compris que quelque chose ne tournait pas rond. Le carton que je trouvait tout a l'heure trop lourd pour moi, était maintenant beaucoup trop léger pour contenir cinq énormes pizzas.

Je me retourna et vit Tella qui me questionnait des yeux. Sans répondre, je reposa la boîte et l'ouvrit. Inutile de dire ma surprise lorsque je vis...rien, le carton était totalement vide excepté le papier aluminium avec lequel j'avais emballé le repas. En temps normal, ça aurait pu être comique, mais, puisque l'aluminium n'était pas comestible, je commença tout de même a paniquer. Liam, qui s'était faufilé derrière moi étouffa un cri de surprise.

-Tella, c'est toi qui a pris... commençais-je.
-Quelqu'un a mangé les pizzas ! S'exclama l'amoureux blonds aux yeux gris de Bridget, qui était totalement surprise aussi.
-Oui, je crois qu'on avait vu Liam ! Répliquais-je, pas vraiment d'humeur a rigoler.
-Mais c'est incroyable, qui a bien pu faire une chose pareille !
Tella venait de se glisser derrière moi et regardait par-dessus mon épaule.
-Techniquement, ça ne peut pas être l'un de nous puisque seule Jordane possédait la clé de cette pièce, réfléchit méthodiquement Bridget, donc c'est forcément quelqu'un qui se trouvait dans la pièce quand tu es arrivé et qui y est encore !
-Sauf si justement Jordane ! répondit Tella en souriant malicieusement.
-Ne cherchez pas plus loin, j'ai trouvé le glouton ! interrompit Liam, qui s'était penché sous la table.

Il y plongea ses mains et les ressortit avec une toute petite boule de poil parsemé de petite tache orange et rouge de sauce tomate. Nouky nous regarda avec des petits yeux, fatigué d'avoir autant mangé.
Liam ramena ses cheveux mi longs en arrière et frotta affectueusement son nez sur la toute petite oreille du chiot puis tendit l'animal a sa propriétaire en souriant.

-Tella m'a dit que tu avais eu un chien, mais j'ignorais qu'il était si mignon !

Je prit mon compagnon dans mes bras et regarda mes invités d'un air embété. Si j'avais prévu plus de pizzas qu'il ne le fallait au début je ne pouvais maintenant plus nourrir personne ! Je sortit de la pièce et déposa le petit chiot sur le sofa. Eleo, ressentant mon angoisse, me prit dans ses bras et m'embrassa tendrement, faisant s'évaporer tout mon stress d'un coup et prit les choses en mains. Il demanda a chacun de donner cinq euros et appela avec son portable le camion pizzas le plus proche. L'appel passé, il nous annonça a tous que la livraison se ferait dans une demie heures, invita les gens a continuer de danser, et se retourna vers moi, avec ce regard amoureux et passionné qui me fait tellement craquer. Il me prit par la taille et, plongeant son regards dans le mien, m'entraîna hors du bâtiment en me chuchotant a l'oreille qu'il manquait de fraîcheur ici, et en m'appelant mon flocon de neige. Je m'éclipsai alors avec celui qui ne pouvait être que l'Homme de ma vie sous les applaudissements des autres adolescents.

Passés la porte, Eléo me fit traverser la route et m'emmena vers le parc, non loin de là. Nous marchâmes, moi dans ses bras, pendants un petit bout de temps et, lorsque nous trouvâmes un petit coin tranquille à l'abri du monde, nous nous arrêtâmes et on s'assit dans l'herbe fraîchement tondus, pour regarder les étoiles ensembles.

-C'est beau tout ces petits points dans le ciel ! dis-je, rêveuse.
-mmm, tout comme toi, répondit-il d'une voix douce, comme si de rien n'était.
-je...merci !
-Bon anniversaire !

Il se tourna vers moi. Son regard amoureux me toisa avec tendresse. Taquine, je répliqua.

-Alors c'est pour ça que je suis belle, c'est juste pour mon anniversaire ?

Il se rapprocha de moi.

-Je t'aime tellement Myllia, si tu savais...
-Moi aussi je...

Je n'eu jamais le loisir de finir ma phrase, car mon bel amant avait posé ses lèvres chaudes sur les miennes et m'emmenait dans un voyage de sensations intense, toutes liées a ce sentiments si nobles, l'amour.

-Moi aussi je... essayais-je de continuer.
-Chut ! Je sais ! me souffla-t-il, après avoir posé une main douce sur ma bouche.

Il ne me laissa pas le temps de répliquer et continua a m'embrasser, de plus en plus passionnément, de plus en plus ardemment. Je le laissa mener l'échange féerique qui commençait entre nous et me contenta de lui rendre ses baisers qui se faisait si pressants. De plus en plus consumé par la passion, Eléo se rapprocha un peu plus de moi, resserrant notre étreinte comme je n'aurais jamais imaginé être serrée par amour. A présent perdue dans l'océan d'émotions qui nous reliait, j'étais tellement sûre de l'aimer ! A cet instant, je savais que je l'aimais et que personne d'autre ne compterais, qu'il n'y avait que lui, et que j'étais capable de me tuer pour le sauver. Eleo avait sûrement vu que j'étais distraite puisqu'il utilisa une bonne manière pour me faire sortir agréablement de mes pensées. Tendrement, je vis ses mains qui se rapprochaient de mes épaules et, pour m'empêcher de voir se qu'il faisait, mon amoureux prit l'initiative de m'embrasser dans le cou. Il eu l'effet qu'il avait souhaité car je fermais a présent les yeux de plaisir, comme un chat qui ronronne. Tout doucement, comme si il voulait profiter de chaque seconde, je sentis les bretelles de mon débardeur qui glissait sur mes épaules a présent dénudées, emportant avec elles celles de mon soutien gorge, laissant la voie libre à Eléo. Celui-ci croisa mon regard, comme pour me demander une autorisation des yeux et je lui répondit en lui embrassant les lèvres. Mon bel amant brun continua de m'embrasser dans le cou, en descendant a présent vers l'endroit où se trouvait mon sous-vêtement quelques secondes plus tôt. Je ferma les yeux, mais soudain, je sentis une violente douleur dans l'arrière du crane qui me fit me relever avec un sursaut. En effet, une pigne de pin s'était décrochée de l'arbre a ce moment là et m'avait, pour ainsi dire assommé, censurant la scène qui allait se produire. Eleo, regarda la pigne de pin, et me regarda, a tour de rôle, puis il explosa de rire. Un rire doux et enfantin, que j'aimais tellement chez lui. Je le toisa avec surprise.

-Excuse moi ma chérie, mais je ne pouvais m'empêcher de rire ! dit-il en essayant tant bien que mal de se contrôler. De toute étonnée, je passa bien vite a indignée. Mais le regards de celui que j'aimais me contrôla comme il l'avait toujours fait, et je m'élança vers lui en le chatouilla furieusement tout en rigolant, moi aussi.
Nous nous chatouillâmes pendant un long moment, semblables a des enfants qui se taquinent, et se lancent de la neige lorsque les premiers flocons tombent a la mi-décembre. Pris dans nos fous rire, nous ne comptions pas le temps qui passait et lorsque Eléo se décida a regarder sa montre, il apparu qu'il était malheureusement vraiment le temps de rentrer au centre, si bien étions nous. Alors, on prit la route tranquillement, la main dans la main, jusqu'au bâtiment d'où sortait maintenant une bonne odeur de pizzas chaudes. Apparemment, les livreurs étaient déjà passés.

Nous allions traverser la route pour rejoindre le centre lorsque j'entendis un aboiement. A partir de cet instant, tout ce passa très vite. Nouky déboula du bâtiment en courant sur ses petites pattes, sans faire attention a la voiture qui arrivait vite, silencieuse et meurtrière.

-Nouky ! m'écriais-je, en m'élançant sur la route.
-Myllia, non, attends ! s'eclama Eléo en essayant de me retenir.

Je me précipita sur la route et ramassai mon petit chiots beige qui me lécha rapidement la main. Je m'apprêtais a pousser un cri de victoire lorsque Eleo hurla mon nom dan la nuit noire. Je me retourna vers lui et, me rappelant le danger je jeta un ½il sur le côté. C'est là que j'aperçu la voiture...



(c) Myllia's texte

# Posté le jeudi 26 juin 2008 15:15

Modifié le vendredi 07 août 2009 12:10

Chapitre 2 "Trop tard.."

Chapitre 2 "Trop tard.."
la mort n'est qu'une grande aventure...

Je me réveilla difficilement. Tout en ouvrant les yeux, je me releva sur les coudes, pour remarquer avec stupeur que je suis allongée sur une route de goudron, bizarre. En face de moi, Eléo était là, en larmes. Sans attendre, je sauta sur mes pieds et m'approcha de lui pour le prendre dans mes bras. Je m'avançais vers lui en ouvrant les bras et les referma sur ... rien. Surprise, je cligne des yeux. Il était bien là, je ne l'imaginais pas!
Pourtant, lorsque j'essayais de m'appuyer sur son épaule, ma main traversa sa clavicule manquant de me faire tomber. Je passa une main devant ses yeux, aucune réaction. J'étais extrêmement terrifiée, il ne me voyait même pas !

Il avait les yeux fixés sur quelque chose, et en suivant son regard, je m'aperçus qu'il s'agissait plutôt de quelqu'un. Là, par terre, un jeune fille qui devait avoir mon âge, baignait dans une marre de son propre sang, les habits tachés et les cheveux déjà imbibés de ce liquide rouge. La scène était vraiment horrible, mais ce qui m'horrifia le plus était l'identité de la jeune fille. En effet, malgré son visage crispé par la peur et la douleur ses traits, ceux-ci m'étaient affreusement familiers, car en effet, c'était les miens.

Là, tout me revint d'un coup en une série de flash rapide et funestes. Nouky, le cri d'Eléo, et puis la voiture, que je n'avais vu qu'au dernier moment. Je plaqua mes deux mains sur ma bouche pour m'empêcher de pousser un cri d'effroi qui de toute façon n'aurait été perçu de personne. Déjà, tout mes amis qui avaient été alertés par le bruit accoururent, Jordan l'animatrice en tête. Celle-ci, livide, se précipita sur mon corps, mais, se rappelant des conseils de secourismes, ne la toucha pas, ne voulant pas ma déplacer, laissant faire les pompiers qu'elle était en train d'appeler en vitesse. Elle tata mon pouls; et décréta qu'elle ne le sentais plus, mais que n'étant pas sûre, elle préférait appeler des professionnels.

Tout se passa rapidement. Mes amis, horrifiés et accablés, ne savait que faire. Les filles pleurait chaudement, la main sur la bouche pour ne pas vomir devant la scène si bouleversante et les garçons, en général, prenait les filles dans leurs bras, pour essayer de les réconforter, et de leur donner la sécurité et l'amour, qu'eux même ne ressentaient pas a ce moment.

Cinq minutes plus tard, les secours arrivèrent, trop tard malheureusement. Le verdict tomba, la jeune Myllia Lamynau était morte sur le coup. Mais lorsque les hommes la déplacèrent, ils trouvèrent un petit chiot, qui, protégé par le bouclier humain dont il avait bénéficié avait résisté au choc. La pauvre bête était trempé de sang, mais avait survécue, néanmoins. Eleo, se releva, lui qui était resté assis a contempler mon corps et prit l'animal dans ses bras, désormais le seul lien qui nous reliait. Les hommes appelèrent avec regret la morgue de l'hôpital, là où le corps resterait jusqu'à ce qu'on est retrouvé l'agresseur.

Lorsque celle-ci arriva, Eléo qui s'était tu jusqu'alors, insista pour monter dans le camion, et les hommes, voyant la peine du jeune garçon, finirent par accepter. L'adolescent prit alors place a côté de mon corps et prit ma main. Evidemment, je sauta dans le camion avec lui, puisque de toute façon, personne ne pouvait me voir. Je ressentis toute le chagrin de mon petit ami. Il semblait choqué, comme si il n'arrivait toujours pas a comprendre ce qui s'était passé. Je m'approcha de lui, il semblait dans un autre monde. Sans doute pensait-il a un cauchemar, mais en tout cas, il était vraiment choqué, je ne l'avait jamais vu comme ça. Ses mains tremblaient et il agissait comme un automate, ses geste avait perdu toute leurs douceur et leur grâce, il agissait de façon brève et soudaine, exactement comme un robot, s'en était effrayant. Après une dizaine de minutes, le camion arriva dans la cour de l'hôpital, où mes parents qui habitait assez près d'ici, était là, en pleurs attendant de voir la dépouille de mon corps. Lorsque le cortège de la civière passa, ma mère que mon père tenait se dégagea brusquement de l'emprise de son mari et se précipita vers ma dépouille.

-Oh Myllia ma fille ! Non, ce n'est pas possible, pas toi, pas toi, ma petite, ma fille non !!!

Les gens de l'hôpital essayèrent de la retenir mais elle se débattait, ne cessant de crier mon nom, me fendant le c½ur. Eléo, qui se tenait a côté la regardait sans aucune expression comme s'il ne la voyait pas. Mon père derrière pleurait en silence. Je n'avait jamais vu mon père pleurer.
C'était tellement exceptionnel ! Il avait l'air humble, beau et triste. Son visage reflétait une expression que je ne lui avait jamais vu auparavant. Et là, au milieu de tout ça, je découvrais une sensation si forte, si bizarre, c'était comme si toutes les misères du monde s'abattaient sur moi. Je m'étais toujours dit que mon père était fort, inébranlable, tant que j'étais avec lui je savais que rien ne m'arriverais, et voilà que celui qui m'avait rassuré toute mon enfance se laissait aller, si lui ne tenait pas le coup, qu'aurais-je pu faire ? J'étais perdu, tout tournait autour de moi, tout allait si vite !

Le cortège avança et mon amoureux ainsi que mes parents s'arrêtèrent dans le long couloir de la morgue et s'assirent sur les nombreux sièges glacés qui le bordaient. Ils restèrent un long moments ici, puis mon père se leva, il déposa un baiser sur le front de ma mère qui après s'être révoltée ne réagissait plus, a cause du choc, Ensuite, il se tourna vers Eléo. Il devait sûrement savoir la dureté de l'épreuve pour lui aussi car, au prix d'un grand courage, il le prit par l'épaule le regarda dans les yeux quelques secondes, puis le lâcha et se retourna. Il rentra dans la pièce où était mon corps, car il devait m'identifier, c'était la loi.

Je voulu le suivre, mais resta finalement a la porte, je ne sais pas pourquoi, quelque chose m'empêcha d'y aller, la peur, peut-être. En tout cas, je m'assis près de ma mère et de ma moitié et ne put m'empêcher d'être triste en observant leur visage et leur expression. Malgré la différence de visage entre les deux personnes, je m'aperçus qu'elle était la même, car tout les deux avaient les yeux vides et ne semblaient pas vivre a l'endroit où ils étaient, ils semblaient ailleurs, loin de là, dans un univers totalement différent de cette morgue sobre au couleur blanche et grise, différent de cette ambiance ternes morbide et maussade, loin. Leur visage marquaient un choc, et je ne sais s'il réalisaient vraiment ce qui venait de ce passer ou pensait-il a un cauchemar, quelque chose d'irréel qui ne se réaliserait jamais ?

Mon père revint quelques minutes plus tard et se pencha vers Eléo, pour l'interroger.

-Eléo, il faut que tu me raconte comment ça s'est passé, je sais que c'est dur, mais il faut que je sache, il le faut vraiment !
-Euh oui, c'est Nouky...il est sorti, elle la vu et puis...Oh Myllia ? Où es-tu ? Myllia ! dit-il en tendant la main vers quelque chose d'invisible, comme si il me voyait là-bas, au bout du couloir.
-Eléo, Eléo je t'en pris concentre toi Eléo c'est important !

Eléo se retourna vers lui, ne sachant pas où il était, il me faisait vraiment pitié, j'en avait mal au c½ur.

-Que...Quoi ? De quoi parlez vous ? Je suis désolé Monsieur je ne sais pas de quoi vous parlez, mais Myllia va sûrement arriver d'une minute a l'autre elle vous comprendra assurément !

Il parlait de moi avec des yeux ému d'amour, il ne se rappelait même plus de se qui venait de se passer et cela me fit monter les larmes aux yeux. Mon père le regardait avec pitié lui aussi car mon jeune petit ami ne semblait garder aucun souvenir de ma mort, a moins qu'il ne veuille l'accepter, je ne voyais aucune autre explication a cette conduite surprenante. Il se tourna alors vers le couloir vide où il semblait m'avoir vu quelque secondes plus tard.

-Oh Myllia te voilà, je ne sais pas se que ton père insinue, il veut que je me concentre je ne sais pas sur quoi...
-Sur l'accident Eléo ! le coupa mon père plein de chagrin. Eléo, elle n'est pas là, Eléo, écoute moi. Je sais que tu aimais Myllia je sais qu'elle comptait beaucoup pour toi mais il y a eu un accident mon garçon, et Myllia...Myllia...
-Mais non monsieur vous vous faîtes des allusions, regardez Myllia est là, a côté ! Vous devez rêver ! Où alors c'est moi qui rêve ! répondit-il avec un sourire de dément.
-Non, Eléo ! Il faut que tu accepte le vérité Myllia est partie elle est partie tu m'entends ! hurla-t-il en le secouant comme un pommier ne pouvant se contrôler d'avantage, Tu dois me raconter me dire la vérité tu dois me dire comment ça s'est passé !
-Voyons monsieur, riposta-t-il, hurlant a son tour, Cessez de me secouez comme ça ! Myllia n'est pas morte !
-Eléo il faut que tu le comprennes !
-Je refuse de le croire. Elle n'est pas morte vous m'entendez ! Elle n'est pas morte ce n'est pas vrai, vous mentez elle n'est pas morte.
-Eléo...C'est dur pour tout le monde mais...
-Non ! Vous mentez je ne veux plus vous entendre vous mentez ! Je ne vous crois pas elle n'est pas morte ce n'est pas vrai vous mentez ! Je ne veux plus vous voir vous mentez !

Et là, il partit en colère, refusant de croire la vérité. Je regarda bouche bée la scène qui se passait devant moi. Eléo se sentait si mal, j'aurais tellement voulu le prendre dans mes bras a cet instant, mais le jeune réunionnais au cheveux bruns m'était inaccessible. Mon père lui courut après et le rattrapa, l'obligeant a revenir, de force. Là, il le força a regarder a travers la vitre pour voir mon corps, la scène était horrible. Lui, se débattait, fermant les yeux, et donnant des coups de partout pour tenter de se libérer et mon père le tenant fermement, en lui criant de regarder et d'ouvrir les yeux. Ma mère et mi, nous assistions a la scène en spectatrices toutes les deux dans l'incapacité de venir en aide a quiconque. En effet, avec ma forme spectrale je le pouvais agir sur les objets ou les personnes et ma mère était encore en état de choc, a tel point qu'elle ne se rendait même compte de se qui se passait.

Eléo finit par ouvrir les yeux et voir mon corps ensanglanté au fond de la morgue et se débattit de plus belle. Mon père finit par lâcher lorsque mon Eléo lui mordit la main avec hargne. Celui-ci dès qu'il comprit qu'il était libre commença a partir, en courant cette fois, pleurent a chaudes larmes.

-Eléo, revient !
-Non ! Ne me touchez plus, ne me cherchez pas ! Je ne veux plus jamais vous voir ! Vous n'avez pas le droit de me retenir ! Laissez moi tranquille !

Et il quitta le couloir, s'enfonçant dans les ténèbres de l'hôpital endormi. Je suivit mon amoureux, qui se sentais si seul, ne pouvant pas me voir. Je le trouva dans le hall de l'hôpital, en proie a une immense colère.

-Elle est morte ! Elle est vraiment morte ! Il disait vrai ! Je le hais ! Je hais son père, je hais son chien, je hais le conducteur de cette putain de voiture de merde, je hais tout le monde, je la hais, elle aussi ! Elle m'a abandonné ! Elle m'a laissé tout seul, je la déteste c'est de sa faute si je souffre !

Je le regardais avec chagrin, me posant a présent des questions. Etait-ce vraiment de ma faute ? Aurais-je dû laisser Nouky au milieu de la route ? Non ! Bien sûr que non ! Mais au dépend de ma vie... A présent, tout mes proche allait souffrir... J'avais fait une bonne action en sauvant mon chien et mes parents auraient dit que je allais aller au paradis grâce a ma bonne action, mais je ne croyais pas vraiment a ce genre de chose.

-C'est a cause de cette voiture, il faut que je la retrouve, il faut que je me rappelle du numéro de la plaque ! Et puis de toute façon, a quoi ça sert cet hôpital et ces infirmières ces médecins si ils n'ont pas pu la sauver !
Il finit par s'asseoir, le visage déformé par la colère. Sa haine était telle, que je suis sûre qu'il aurait frappé n'importe qui essayait de le contredire ou de lui dire quelque chose sur son état.

-Je n'aurais pas dû la laisser j'aurais dû la retenir, j'aurais dû y aller a sa place, je ne suis qu'un lâche, j'aurais dû la retenir plus longtemps avec moi dans le parc, j'aurais dû la retenir ! J'aurais dû...c'est ma faute, tout est de ma faute.

Il se recroquevilla sur lui-même et pleura a chaudes larmes, continuant de se maudire, murmurant qu'il aurait pu me sauver qu'il aurait dû me sauver, et chaque mots qu'il disait, chaque murmure qu'il faisait me transperçait un peu plus le c½ur. Il était en train de se détruire. Souvent, en regardant des film je ne comprenais pas ce sentiments de culpabilité du survivant dont parlaient les scénario, mais ici, la lucidité me vint. C'était un sentiment tellement fort, tellement puissant et destructeur que même Eléo ne pouvait y résister. Il se consumait de culpabilité un peu plus chaque seconde et cela me rendait folle. Je me posa a ses côtés et tenta une fois de plus de le prendre dans mes bras, en vain. Mes bras le traversait constamment. Je ne sentais qu'un courant d'air glacé lorsque je touchais son corps, et je me douta qu'il devait ressentir la même chose, car a cet instant, il frissonna.

Mon père et ma mère arrivèrent a cet instant et le trouvèrent ainsi, plié sur lui sur des sièges glacés du hall de l'hôpital a pleurer et a parler tout seul. Ils s'approchèrent de lui, et j'observa la scène comme une spectatrice mette et invisible. Mon bel amants tourna la tête vers lui et le toisa quelque secondes avec son visage imprégné de larmes.

-Je suis désolé Monsieur, je me suis laissé emporter. Je n'aurais pas dû réagir comme ça. Vous savez, c'est de ma faute si elle...En fin je veux dire, j'aurais pu la rattraper, j'aurais dû, elle m'a échappée, j'aurais dû la rattraper, c'est de ma faute, c'est de ma faute ! Je suis désolé, c'était votre fille, je vous est pris pour un homme sans c½ur, je suis désolé, tout est de ma faute !
-Non, Eléo, tu n'aurais rien pu y faire, ce n'est pas ta faute surtout pas ! Mais dis moi ce qui s'est passé, je t'en pris !
-Eh bien...

Et il lui raconta tout en détail, a partir du moment où ils avaient quittés le parc, ne voulant pas que mon père ne sache a quel point il m'aimait et a quel point je l'aimais aussi, si vous voyez se que je veux dire ! Lorsqu'il eu finit, mon père reprit la parole.

-Et lorsqu'elle a couru ramasser Nouky, elle n'a pas vu la voiture ?

Je regardais la scène avec attention, car la voiture, je l'avais vu ! Mais je n'avais pas vraiment remarqué sur le coup se qu'elle représentait pour moi ! C'est à dire que je savais qu'elle était un danger pour mon chien, mais dans l'empressement, je n'ai fait attention au danger que cela pouvait représenté pour moi, c'est pour ça que je me suis élancé sur la route, mon cerveau n'a pas eu le temps d'analyser et de comprendre les informations que donnaient mes yeux. C'est triste quand même, un reflex a suffit a m'ôter la vie. Il a suffit de quelques secondes pour que je disparaisse aux yeux de tout le monde que j'aime.

-Je pense qu'elle a dû la voir, peut-être a-t-elle cru qu'elle serait plus rapide, je ne sais pas, mais j'aurais dû me jeter sur la route a sa place, je m'étais promis de la protéger quoi qu'il arrive, j'ai échoué, elle est morte a cause de moi.
-Non, Eléo, tu ne dois surtout pas te dire ça. Tu tomberais dans la dépression si tu te sentais coupable. Je vais te ramener chez toi maintenant.

Je ne sais pas si il était vraiment en état de conduire après le choc terrible qu'il avait eu mais mon père était d'une génération qui empêche les hommes de se montrer faible. Petit, mon grand père devait sûrement lui dire :

« Ne montre pas tes faiblesses mon garçon c'est comme ça que dois se comporter un homme, ne pleur pas, tu es un homme, les hommes doivent être fort, seules les femmes peuvent pleurer. ».

En tout cas, il avait prit les chose en mains, et s'était retourné vers ma mère.

-Viens Florence, allez, viens ma chérie, il te faut être forte ! C'est une dure étape que nous envoie le seigneur, nous devons y arriver, viens ma chérie.

Je n'avais pas le courage de m'emporter, et d'ailleurs, cela n'aurait servi a rien, mais je ne pu m'empêcher de grincer des dents lorsque mon père parla. Mes parents m'avait baptiser étant petite, mais je ne m'était jamais vraiment posé de question, et en excellente adolescente que j'étais, je ne croyais en rien la religion. Qu'un dieu existe ou pas, je m'en fichai totalement, car a cet âge tout ce qui m'importais c'étais de m'occuper de mes amis, de mon amoureux de ma famille et de mon travail scolaire, et cela me prenait tout le temps que je disposais.

Peut-être, un jour, j'aurais pu, mais maintenant, il n'y avait plus de un jour, plus de peut-être et même plus de point de suspension. Tout s'était arrêté brusquement simplement. Vous savez des fois, dans les films, les héros se font poursuivre a travers la nature et là, ils arrivent devant une falaise abrupt sans aucun moyen de fuir, obligés de stopper net, et bien c'était exactement ce qui s'était passés.

Il prit Eléo par les épaules et l'emmena vers la sortie, et l'ambiance était sombre, tandis que celui que j'aimais de tout mon c½ur ne cessait de répéter sa part de culpabilité selon lui. Il avait tellement l'air tellement abattu, comme si le monde lui tombait sur la tête, la même expression que j'avais vu sur le visage de ma mère un peu plus tôt. J'étais loin de me douter que cette expression trahissait un sentiment de culpabilité tellement grand qu'il pourrait peut-être même le pousser a faire des choses horrible, rongées par le chagrin. D'ailleurs je ne connu le risque que bien plus tard, lorsque je feuilleta un livre de psychologie, mais cela c'est une autre histoire.

Toujours est-il que je les regarda partir. Pourquoi est-ce que je ne les suivais pas ? Et bien, parce-que je sentais que je devais pas, que je devais rester ici, et je pense que je serais morte de chagrin si je l'ai avait suivi. Leur peine était telle qu'elle aurait plongée n'importe qui dans la peur et la souffrance. Soudain, une voix s'éleva derrière mon dos.

-Tu ne peux rien faire pour étancher leur chagrin Myllia, tu es désormais invisible et inutile ici. Il fallait que tu le comprenne, il doivent surmonter cette étape, ils n'en deviendront que plus fort. Toi aussi, tu dois quitter cet espace, les évènement qui suivent ne pourrait t'apporter que chagrin et désespoir. Tu as un rôle a accomplir, mais pas ici. Une autre existence à vivre dans un autre espace, dans un autre monde.

Je me retournai brusquement, pour voir a qui appartenait cette voix si douce. Là, devant moi, se tenait une jeune fille étrange. Elle devait avoir a peine quelques ans de plus que moi mais n'étais bien grande pour son âge, à vrai dire, on aurait pu, de loin, penser qu'on avait exactement le même âge. Elle était habillé avec des vêtements simples, un jean marron a la coupe droite et plutôt ample, qui différencie beaucoup de nos jeans slims, ainsi qu'un petit tailleur blanc et beige avec les épaules bien droites. Elle avait des petites ballerines de toiles très légères et ne portait pas de bijoux, a l'exception d'une chaîne et d'un pendentif bizarre en forme de minuscule petite boîte qu'il me semblait avoir déjà vu quelque part mais auquel je ne prêta aucun vrai attention. Ses cheveux châtains clairs avaient une teinte noisette que je connaissais bien et étaient longs et ondulés et trainaient sur ses épaules, jusque dans le bas de son dos. Elle me regarda en souriant et je découvrit dans ce sourire des mimiques qui m'appartenaient. Ses yeux, noisettes eux aussi, étaient en tous points similaires aux miens et je pris soudain conscience d'une vérité frappante.

-m...maman? demandais-je doucement, avec la terrible angoisse de m'être trompée.

La jeune fille hocha doucement la tête et je ressentis une sensations étrange et agréable. Elle s'approcha de moi et prit ma tête dans ses mains, pour m'observer.

-Tu es si belle ma fille, cela faisait si longtemps que je ne t'ai pas vu, tu as terriblement changé depuis tant d'années!
Je ne répondis rien, il n'y avait rien a répondre. Cette femme, même si c'était ma mère m'était totalement étrangère et c'était très difficile. J'aurais peut-être dû lui raconter ma vie, bavarder avec elle, mais la simple pensée des années que j'avais vécues, le souvenir de Tella, et d'Eléo me faisait déjà pleurer, et le qualificatifs 'belle" que ma mère m'avait donnée n'était que trop faux, si on prenait en compte le torrent de larmes qui se déversait sur mes joues pâles. Tendrement, comme ma mère adoptive l'avait fait pendant de nombreuses années, elle essuya mes larmes.

-Je connais ton chagrin Myllia, c'est dûr, mais désormais vos chemins sont séparés, tu apprendras à l'oublier , de même qu'il saura vivre sans toi, au fil du temps tu verras...
-NON! Je refuse! Je refuse de l'oublier! Il ne pourras jamais vivre sans moi, j'en suis sûre!

Ma mère secoua tristement la tête, je fis mine de ne pas l'avoir vu, je ne voulais pas l'accepter.

-Tu as un rôle a jouer, ailleurs. Tu dois te résigner ma chérie, bientôt tu sera habilité ailleurs, tu l'aura oublié, il faut te faire une raison.

Je releva la tête. La curiosité l'avait emporté pour un petit moment et elle fut intriguée.

-Que va-t-il m'arriver?
-Et bien, tu vas être envoyer ailleurs maintenant.
-Ailleurs? Je ne comprends pas!
-Et bien, tu vas aller vivre ailleurs, dans un endroit où tout est différent.
-C'est ce que tout le monde appelle le paradis?
-Non, pas vraiment. Le paradis, malgré tout ce que les gens disent c'est avoir une vie.
-Je ne suis pas sûre de te suivre...
-Il existe d'autres espaces, d'autres univers que nous seul pouvons passer. Il en existe une infinités, et lorsque nous avons fini une de nos vies, on nous fait passer La Brèche.
-La Brèche? Mais qui ça on?
-La Brèche est la seul porte vers l'Univers d'Après. Chacun de nous doit exercer une vie dans chaque Univers, ainsi nous ne finissons jamais complètement de vivre.
-Mais qui "on"?
-Ce sont... des êtres choisies par le Hasard, ils s'occupent de faire passer les morts et de leur expliquer le fonctionnement de tout cela.

Une foule de questions se bousculaient maintenant a mes lèvres, il y avait tant de choses a demander mais je n'avais aucune idées de par où commencer. Ma mère m'incita gentiment a poser toutes les questions qui me trottaient a l'esprit.

-Et toi, toi qui me raconte tout cela, tu en est une n'est-ce pas?

Elle hocha la tête.

-Et pourquoi est-ce que je ne le savais pas avant?
-Et bien, déjà parce que "Aube" est le premier, et puis ensuite parce que un être qui revie oublie tout de sa vie passé.
-"Aube"?
-C'est le nom de cet Univers
-Comment sais-tu tout cela?
-C'est un autre comme Moi qui me l'a expliqué.
-Combien êtes vous?
-444

J'étais sceptique.

-Pourquoi ce chiffre?
-Il s'agit d'une superstition Asiatique. En japonais le quatre se prononce de la même façon que la mort. Notre organisation vient des pays de l'est il y a très longtemps, ainsi, ils Nous ont surnommés les "anges de la mort". Lorsque l'un de Nous souhaite arrêter son séjour sur "Aube" il transmets tout son savoir a un apprenti et lui demande ensuite de l'Aide.
-De l'Aide?
-Oui, pour qu'un maître soit libéré il faut que son apprenti le tue...de sa main. Ainsi il devient un simple mort et peut passer La Brèche.

Je me tus un instant, réfléchis a ses paroles.

-Lorsqu'on revie on oublies tout?
-Tout, a vrai dire, tu entames une nouvelle vie sur une nouvelle terre, une vie complètement différente ou tu seras une tout autre personne. Il n'y a que lorsque tu mourras que tu retrouvera la mémoire.
-Mais non! C'est impossible! Cela ne peut pas se passer comme ça!

Je commençais a m'agiter sérieusement maintenant.

-Non, non je refuse! Pourquoi? Pourquoi me dire ça, c'est, c'est stupide! Je ne veux pas partir et l'oublier!

J'étais même complètement hystérique a présent et je remarquai que mon interlocutrice faisais un effort pour trouver les bon mots.

-Ecoute ma chérie, tu n'as pas vraiment le choix, déjà parce que si tu ne pars pas, il manquera une vie sur "Espérance" qui est le deuxième Univers, mais il faut que je finisse mes explications. Il faut que tu sache, que l'on ne peux rester mort longtemps a moins d'être l'un de Nous. Au bout de quelques temps, l'esprit se décompose.
-Il se quoi?
-Et bien regarde toi. Ce n'est pas ton corps que tu vois là, c'est ce que ton esprit pense tu es. Tu pourrais être n'importe quel autre forme.
-Et alors?
-Et bien si tu reste ici tu finiras par t'éclaircir, de plus en plus, ton esprit n'aura bientôt plus assez de force pour te matérialiser et t'effaceras lentement, douloureusement et tu disparaîtra totalement. Tu ne peux pas rester ici.
-Je me fous de disparaître, je n'abandonnerais pas Eléo danger ou pas.
-Il ne s'agit pas de danger il s'agit de l'équilibre de tout les Univers et de ta survie, je suis ta mère je t'ordonne de partir et tu m'obéira.

Je la regardai avec un regard de défi, totalement résignée et résolue.

-Non.
-Tu m'obéira Myllia!

Mes yeux se faisait assassins maintenant.

-Non! C'est absolument hors de question! Tu as dis que cela ne s'effectuait pas avec les êtres comme Toi, apprends moi à en être fais de moi ton apprenti!
-Je...je ne peux pas mourir, je dois...j'aime...j'aime un homme, en 1963. Je dois rester pour veiller sur lui.

Je ne pouvais m'empêcher de penser que j'aimais Eléo plus qu'elle n'aimait ce perturbateur. Je savais que cette pensée était égocentrique, égoïste même mais je ne voulais pas abandonner Eléo pour son amourette. Je ne me doutais pas encore que j'allais même m'en rendre absolument cruelle.

-Et alors?

Elle me toisa alors avec un regard empreins d'incompréhension et de pitié.

-Et alors? Est-ce que cela me concerne? Tu parle de moi, tu m'influence, tu essaye que je l'oublis mais tu as cédé toi aussi! Tu as cédé à l'amour comme je suis prête a le faire c'est ça? Je comprends tout, tu n'aimais pas papa! Tu avais prémédité l'assassinat contre ton propre mari pour pouvoir aller avec un autre, tu n'étais pas censé mourir n'est-ce pas? Quel est le maître stupide qui t'a laissé prendre sa place hein?

J'étais dans un furie telle que j'inventais des choses, Je venais de lui jeter à la figure quelque chose a laquelle je ne croyais même pas par simple méchanceté, mais je me noyais dans ma rage et malgré mon manque d'enveloppe physique je sentais que je bouillais d'une colère inexpliqué.
A ma plus grande surprise qui calma quelque peu ma haine et mon désespoir, je remarquai qu'elle me regardait d'une curieuse manière.

-Je...ne désire pas en parler. Je ne savais pas que la police avait finie par comprendre...

Je n'en croyais pas mes oreilles. L'hypothèse stupide et méchante que j'avais fabulé se retrouvait vraie. Je ne comprenais pas comment j'avais pu dire quelque chose de si méchant et réaliste à la fois.

-Quoi? Mais, c'est réel? Je veux dire, j'avais tout inventé, mais tu la fait? Tu l'as vraiment fait?

Elle se renferma, elle venait de faire une grave erreur.

-Je t'ai dis que je ne voulais pas en parler. Pour ton information le maître qui m'a formé avait vécue plus d'un millénaire année humaine, ma proposition ne pouvait lui faire que du bien.

Je ne l'écoutais pas.

-Alors ce n'est que justice! Fais de moi ton apprenti tu me dois bien ça puisque a cause de toi je suis orpheline!

Son visage se ferma, elle me lança un regard noir.

-Ce n'est pas négociable Myllia! Je ne quitterais pas cette terre avant d'avoir retrouvé l'homme que j'aime pendants quelques heures. Je ne peux plus rien pour toi jeune impertinante, sois tu reste ici a disparaître, ou tu appelle un autre guide pour te mener à La Brèche.

Je la toisai méchamment, volontairement insolente.

-Et je le trouve comment ton foutu guide?
-Pense très fort à l'endroit où tu veux être, tu y seras.

J'allais lui répliquer quelques chose de cinglant, elle avait disparu. Haineuse, j'hurlai de douleur et me laissa aller a pleurer chaudement. Cette femme, cette femme sans c½ur avait tué mon père. Elle l'avait tué et elle se permettait d'être égoïste. Je ne savais plus que faire. Mes larmes me brouillait la vue et je regroupai mes genoux dans mes bras, me recroquevillant piteusement sur le banc impeccablement blanc de l'hôpital.
Là, ainsi prostrée je me donnai quelques instants pour réfléchir et pris ma décision.

Résignée, je poussai un soupir et disparus.


(c) Myllia's texte





# Posté le samedi 05 juillet 2008 09:15

Modifié le samedi 07 mars 2009 16:28

Chapitre 3 "Et la vie continue..."

Chapitre 3 "Et la vie continue..."
"L'épreuve du courage n'est pas de mourir, mais de vivre"



Le soleil se lève, triste, hésitant, paresseux.
Dans certains foyers des hommes et des femmes ferment leurs portes ou démarrent leurs voitures, entamant ainsi leurs longues journées.
Ils sont bêtement insouciants et ignorants, ils sont heureux.
Lorsqu'ils reviendront du travail ce soir, rien n'aura changé pour eux.
Dans d'autres maisons, de jeunes enfants se réveillent en pleurant, réveillant par la même occasion leurs aînés qui les maudissent retombant dans un demi sommeil.
Dans quelques heures, tout les adolescents seront tirés de leur lit par la sonnerie stridente d'un réveil ou par la voix douce de leur mère.
Certains seront tristes d'être arrachés de leurs rêves pourtant si beaux tandis que d'autres en éprouveront du soulagement, réalisant que ce qu'ils venaient de vivre n'était qu'un cauchemar horrible et que, jamais cela ne se produira en vrai enfin, il y a ceux qui auront fait cauchemars intenses, si forts si puissants qu'ils n'auront même pas besoin de réveil, l'épouvante et la sueur jouant ce rôle.
Ceux-ci se rendront compte alors que la réalité est encore plus horrible et comprendront qu'ils n'ont aucun refuge et aucune arme contre la peur qui envahit leurs vie.
Ces derniers sont forts rares ils nous faut bien l'avouer mais ils ne sont pas négligeables, surtout à ce moment de l'histoire.


Il est 7h30.
En ce début de matinée, le soleil à déjà bien entamé sa course hebdomadaire bien que les nuages commencent à envahir le ciel et tout les enfants sont désormais debout, s'occupant et se préparant a l'habituelle journée de cours.
Dix heures vingt, et tout le monde se ru vers la cour, soulagé d'être enfin libérés de l'emprise des professeurs, même si ce n'est que pour 15 minutes.
Non loin de là, dans un petit village perdu au nord-est de Montpellier, un jeune garçon attira les quelques regards qui trainaient.


D'une quinzaine d'années, il était habillé en blanc et paraissait plus fatigué que d'habitude.
Ces cheveux bruns étaient ébouriffés et sa chemise mal boutonnée, détails prouvant un soudain manque de concentration. Son visage d'habitude si beau était aujourd'hui pâle, livide. Ses yeux d'un marron intense et profonds étaient vides et soulignés par des cernes immense qui masquaient une partie de son visage.
Ils avait très peu dormi, la nuit tellement encombrée de mauvais rêves plus puissants les uns des autres.
On dit que les rêves sont une manifestation de l'inconscient, laissant remonter des souvenirs oubliés ou des choses de la vie de tout les jours.

On dit que chaque rêve a une signification et que certains prouvent des traumatismes. Si ce garçon allait chez un psychologue et racontait ses rêves de nuit, le médecin s'affolerait, c'était pratiquement certain. En effet, que dire a un enfant qui rêve de la mort sans cesse. Que lui dire si celle-ci le réveil toutes les heures l'empêchant de dormir. Que lui dire pour le réconforter si ses rêves n'étaient que le reflet de la réalité et que celle-ci était aussi atroce que les films que son inconscient lui envoyait.

Cet adolescent pleurait. Il pleurait de chagrin mais aussi de culpabilité et d'amour. Ce spectacle là était d'une beauté et d'une tristesse insaisissable. Si vous avez déjà vu un homme pleurer pour quelque chose qui en vaille la peine, si cet homme là pleurait d'un air digne, triste, résignée et amoureux a la fois alors vous savez que c'est beau et impressionnant: noble et puissant.

Ce garçon pleurait, donc. Il avançait vers quelque chose qui lui semblait terrible et inévitable. Il avançait, imperturbable par les chuchotements et les regards de pitié que les autres éprouvaient pour lui. De toute façon, que faire de chuchotis? Il n'avait pas besoin de la pitié des gens, il avait déjà vu ce qu'il y avait a voir, il avait déjà vécu ce qu'il devait vivre, il lui était arrivé ce qui devait lui arriver, et il en était responsable. Si il était ici aujourd'hui, si le monde était différent aujourd'hui et si toute une famille était en deuil aujourd'hui, c'était de sa faute, il aurait dû la sauver.

Eléo regarda le ciel, espérant de tout son être y apercevoir une silhouette familière a travers les nuages désormais épais qui l'aurait encouragée a continuer, a ne pas tomber mais ses larmes épaisses ne lui laissait pas entrevoir la couleur bleu du ciel. Il s'arrêta a un endroit précis, et attendit. Une longue silhouette se dessina au coin de la rue principale. Elle s'arrêta. Eléo monta dans le bus en faisant bipper son titre de transport, geste familiers et habituel qui lui faisait pourtant si mal maintenant que sa vie était devenue un enfer. On aurait pu penser que des gestes familiers ferait du bien a quelqu'un qui venait de vivre une rupture mais Eléo, lui pleurait un mort et tout ces petits détails pourtant insignifiants lui faisaient prendre conscience combien plus rien ne serait habituel et familiers dorénavant. Il s'adressa au chauffeur d'un ton le plus naturel possible pour une personne pleurant.

-Monsieur, pourrez vous me déposer avant, je vous en pris.

Il fut déçu, sa voix n'était pas aussi assurée qu'il l'aurait voulu. Celle-ci d'ailleurs alarma le conducteur qui répondit au jeune homme avec une voix extrêmement douce et lui demanda où exactement où l'enfant voulait s'arrêter, le sachant déjà, au fond de lui même.

-Au...au cimetière.

Sa voix se cassa et s'éteignit, il avait épuisé ses dernières forces.

-Bien sûr mon petit ne t'inquiète absolument pas.

Mais Eléo ne s'inquiétait pas, il n'avait pas raison de s'inquiéter, tout ce qu'il avait peur de perdre un jour était parti. L'homme, d'une gentillesse étonnante, s'arrêta devant l'entrée et ouvrit les portes, adressant ses ultimes condoléances a l'enfant et lui souhaitant du courage.

Beaucoup de monde était déjà là, et une jeune fille blonde, arriva soudain en courant et se jeta dans les bras d'Eléo, le c½ur en miettes Aujourd'hui était le jour des adieux et pourtant Tella ne se sentait vraiment aucun courage pour enterrer des années de souvenirs et de bonheur. Elle comme lui le savait, après ce jour, ce serait la nuit. La nuit, le vide, le chaos, le vide. Ils n'étaient pas sur de pouvoir se relever de ce tour horrible que leur jouait la vie, c'était injuste. Pour Eléo, c'était tout vu, s'ils étaient punis, c'était de sa faute, il aurait dû la sauver. Il ne savait s'il aurait pu, s'il cela aurait été possible mais même impossible il aurait quand même dû le faire. C'était dur, comme jugement, mais c'était ainsi, il était coupable, au même niveau que le conducteur de cette voiture.

La procession entama son interminable avancée vers la fin et les deux jeunes gens furent bien obligés de suivre. Tout le monde étaient habillé en noir sauf eux mais personne n'y prenait garde et de toutes façon ils s'en fichaient royalement. Ils savaient, l'un comme l'autre que Myllia aurait détesté qu'ils soient triste et qu'ils s'habillent sombre. Sa première volonté, ils ne pouvaient se permettre de l'exécuter mais ils s'étaient employés avec ardeur a la deuxième, Eléo étant en blanc et t-shirt bleu et Tella en jean et t-shirt rose.

Malgré la lourde atmosphère de la cérémonie, Eléo était a des kilomètres de là, ou des semaines, plutôt. Il ne voulait pas s'empêcher de penser a elle. Il savait, qu'il aurait moins mal ainsi, mais il estimait une fois encore qu'il méritait ce supplice. Il songeait aux multiples souvenirs qu'il avait avec elle, et tout particulièrement a une certaine matinée, où les mots qu'ils s'étaient dis resteraient a jamais gravé dans sa mémoire.


-Dans trois ans, on sera libre, et pourra partir tout les deux!
Myllia lui avait ça, rêveuse et totalement insouciante. Eléo avait éclaté de rire a cet instant et lui avait répondu sur le même ton.
-promet moi qu'on sera toujours ensemble Myllia!
-je te le promet! Je ne te quitterais jamais!
-moi non plus! Je t'aime trop pour te quitter, je serais à toi pour toujours!



Des larmes chaudes coulèrent sur ses joues et le sortit de sa torpeur. Autour de lui, tout le monde pleurait et Tella avait beaucoup de mal a tenir en place et Eléo se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras pour la consoler. Ils restèrent tous là un moment, se recueillant sur la tombe de la jeune fille qui avait perdu la vie.
Ils restèrent tellement longtemps, comme paralysés devant cette tombe, qu'il ne resta que les deux enfants ainsi que les parents de la défunte, les autres s'étant esquivés pour leur laisser un peu d'intimité. De grosses gouttes de pluies commençaient a présent a s'écraser sur leurs épaules dénudées, mais l'ambiance était telle, qu'ils pensèrent plutôt a des flocons de neige blancs, qui tomberaient au hasard, pour un dernier adieu à la jeune fille. Aucun d'eux ne se soucia qu'on était en plein mois de juin et que leur théorie de neige était infondée, car ils évoluait hors du temps a présent. Hors du temps où chaque instant n'était qu'une goutte de bonheur révolu, de souvenirs et de chagrin.



La cloche sonna, les élèves entraient en classe. Eléo et Tella dépassèrent le groupe de leur classe et suivirent la prof, en silence, les yeux vides. Ils étaient beaucoup plus proches depuis... enfin...depuis l'accident et ne se quittaient désormais plus. Trois jours étaient passés depuis l'enterrement, et la mort de Myllia avait presque cessé d'être le centre des ragots. Les élèves étaient tous tristes de son sort et respectaient le silence mort des deux jeunes gens mais avait, il fallait bien l'avouer, autre chose a penser.

En effet, lundi prochain, il y aurait le brevet et tous étaient très anxieux a l'idée de passer leurs derniers jours au collège Ray Charles de Fabrègues.
Les élèves rentrèrent en classe bavardant joyeusement ce qui ne manqua pas de provoquer l'agacement de leur professeur principale qui réclama aussitôt le silence en grognant férocement.

-Jeunes gens, on se tait et on attends ma permission pour s'asseoir lorsqu'on rentre en classe, merci !

Elle se planta devant la classe et attendit qu'ils eussent sorti leurs affaires. Elle examina d'un ½il inquiet le jeune garçon qui de trouvait au premier rang sous ses yeux, le visage blême, les cheveux en bataille, les yeux vides et morts. Elle lui adressa un faible sourire qu'elle voulut réconfortant qui se transforma malgré elle en un petit rictus de tristesse lorsque son regard croisa ceux d'Eléo qui sondait sans cesse la chaise vide de celle qu'il aimait tant. Elle se reprit, après tout, si elle, une prof, n'essayait pas de se retenir personne ne pourrait le faire. Elle plongea avec ardeur ses yeux dans ceux du jeune garçon lui faisant comprendre qu'elle le soutenait, qu'il n'était pas seul. Eléo leva la tête, faiblement, mais ne remarqua même pas la femme qui se tenait devant lui, à vrai dire il n'avait remarqué que Tella ce matin, la seule qui arrivait à comprendre au moins un quart de son chagrin.

Ces derniers jours ils n'avait pas mangé, pas bu, pas dormi, et c'était même le premier jour qu'il allait au collège. Ces longs et terribles moments de solitude avait eu raison de lui, et il s'était laissé convaincre qu'il n'était pas responsable, ce qui ne minimisait pas du tout le sentiment qu'il éprouvait. Il lui manquait une part de lui même, celle qui s'était faîte écrasée par une voiture.

Selon Christophe, le père de Myllia, le profil du conducteur qu'avait donné Eléo avait été transmis à la police, mais le coupable restait invisible, personne ne le retrouvait, il se cachait, par honte, et par culpabilité, aussi, sûrement.

Les élèves s'étaient calmés, la jeune femme prit la parole, leur annonçant que, pour leur épreuve proche de l'examen de fin de collège, la conseillère d'orientation voulait leur faire part de ses encouragements. Sur ce, elle lui laissa la parole et se retira au fond de la classe, ayant a présent le loisir de penser a ce qu'elle voulait pendant une heure de temps, et ces pensées se tournèrent instantanément vers la jeune Myllia. S'était si terrible, la vie était si mal faîte, pourquoi fallait-il que temps de gens souffre, pourquoi fallait-il que cela arrive, maintenant, à la veille d'un évènement pourtant si important pour l'avenir de ces jeunes qui seraient a présent marqués pour l'éternité d'une certaine tragédie, un certain soir de juin. La CO-psy parlait à présent de l'orientation des élèves et la jeune professeur ne put s'empêcher de soupirer, une de ses anciennes élèves n'aurait pas d'orientation, elle n'aurait pas d'avenir, pas de projet, rien.

Elle reprit son inspection et ne put s'empêcher de sonder le visage de chacun de ses élèves, gardant tout de même une oreille a l'écoute de celle qui avait l'attention de sa classe. L'heure passa ainsi, trop longue pour certains, ennuyante pour tout le monde.

D'ailleurs, toute la journée se fit sur le même ton et c'est infiniment triste que Eléo rejoint sa maison ce jour là. Il déposa ses affaires et mangea en silence le gouter que sa mère le força a avaler et récupéra ses clefs. Il avait promis au parents de sa petite amie d'aller les voir, pour leur demander des nouvelles. Il se dépécha donc d'atteindre l'arrêt de bus afin d'attraper celui qui le conduirait chez sa bien aimée. Le chauffeur le reconnut et lui adressa un sourire triste tandis qu'il montait.

Il arriva chez les Minoes, et sonna. Au bout de quelques minutes, un hommes lui ouvrit et le salua. C'était seulement avec des gens comme eux que Eléo ne se sentait pas totalement dépassé par les événement. Tout comme Tella, ils savaient ce qu'il ressentait. Ils avaient l'air abattu. Eléo rejoignit le reste de la famille à la cuisine et passa devant un miroir. Tout d'abords, il ne reconnut pas le jeune homme qui se tenait devant lui, puis il comprit peu a peu et se mit a se regarder avec plus de détails. Ils distinguait fort bien des grands cernes dessus ces yeux qui ne reflétaient aucune expression. Son visage livide faisait peur et son dot était vouté, Eléo ne se reconnaissait pas!

Cependant, en y réfléchissant, Eléo réalisa qu'il se foutait totalement de son apparence. En ces temps-ci, seul son chagrin pour Myllia comptait. Il arriva dans la cuisine, les autres avaient cette même expression sur le visage. Ils les salua mais ne resta pas. Une impulsion lui avait ordonné de monter dans la chambre de la défunte. Il ne se l'était jusqu'alors pas autorisé, sachant qu'il ne pourrait retenir une fois de plus ses larmes, mais aujourd'hui quelque chose avait changé, il sentait comme un nécessité, une évidence qu'il se devait de monter, une toute dernière fois, dans la chambre de celle qui lui avait donné tant d'amour. Évidemment, Stéphanie et Christophe ne l'en empêchèrent pas, ils lui avaient donné la permission depuis longtemps, même si Eléo l'avait renié.

Poussant doucement la porte de bois, il ouvrit la porte aux souvenirs. Tant de bons moments passés ici avec elle, tant de baisers tant de désir, de sentiments échangés. Il hésita, et entra, finalement. Doucement, il s'approcha du lit et s'y assit. Il ferma les yeux, ceux ci commençaient peut a peu a se remplirent de larmes chaudes. Il se roula en boule, geste qui lui rappela celui de Myllia, lorsqu'elle avait eu froid, cet hiver, et ne put retenir ces larmes. Il se laissa aller et fut secoué par de violent sanglots silencieux. Pleurer, c'est bien, mais il faut bien s'arrêter un jour, et le sentiment qui vide après et constitué d'un grand vide et d'une extrême lassitude. Lorsqu'il écoula ses dernières larmes, il se rendit compte que la fatigue l'avait envahi et il s'étendit sur le lit, l'esprit divaguant.

Près de l'oreiller, se trouvait une petite boîte en bois. Myllia, un jour, lui avait expliqué que s'était une boîte qu'elle seule pouvait ouvrir et qu'il avait appartenu a sa mère. Bien sûr, personne ne savait qu'il s'agissait de sa vraie mère et pas de Stéphanie, Myllia n'ayant pas vraiment eu le temps de découvrir tout les secrets de sa vie au sujet de son adoption. Elle y rangeait son journal intime et quelques papiers importants.

Eléo fut soudain prit d'une impulsion et attrapa la boîte dans ses mains, dans l'espoir, non pas de lire son journal, mais d'y écrire un mot, un mot d'adieu. Il tourna lentement la boîte dans ses mains, c'était un casse tête. Selon Myllia, elle seule avait trouvé le moyen de l'ouvrir depuis des années, elle était donc seules a savoir... Sauf que cette dernière l'avait montrée a Eléo il y avait peu de temps de cela, lui faisant totalement confiance. Alors, d'une main habile, il la retourna, encore et encore, ouvrant dans l'ordre toutes les petites astuces qui renfermaient les secret de la boîte.

Celle-ci émit un petit déclic et s'ouvrit. Eléo examina l'intérieur, il y avait le petit cahier habituel, un dessin d'enfant, une lettre d'amour qu'il reconnut comme celle qui lui avait écrite pour la saint Valentin et une lettre, qui paraissait faite d'un papier bizarre. Eléo, intrigué, l'attrapa. L'enveloppe était immaculée de chaque côté a l'exception d'une écriture de jeune fille, celle de Myllia.

A toi...

Encore une fois il hésita, si une lettre avec l'écriture de celle qu'il aimait était signée d'un simple a toi, avait-il le droit de l'ouvrir? Elle l'avait toujours appelé ainsi, "toi". A chaque fois, dans tout ces messages, toutes ces phrases qui lui étaient adressés et le nommait ainsi, alors peut-être, était-ce une lettre de Myllia pour lui. Il ne prêta pas beaucoup attention au papier bizarrement jaunie et a la teinte émeraude de l'encre, et ouvrit la lettre d'un geste lent, tremblotant.



Mon amour,

Si tu reçois cette lettre aujourd'hui cela voudra dire que tu ne m'a pas oublié.
Je t'aime.
La où je suis tu me manque, mais je suis catégorique et je promets de ne pas t'oublier même si je sais que l'on ne se reverra pas.
Je sais que pour toi aussi c'est dur, peut-être même plus pour toi qui est dans l'ignorance. Je ne peux cependant pas t'expliquer, tu sera bien assez vite au courant des mystères du monde.
Un jour, dans le futur où nous avons vécue, la vie nous réunira. J'aurais aimé pouvoir y assister, encore, évidemment c'est impossible.
Je sais, tu ne comprends pas, je ne comprends pas non plus parfois, c'est ainsi.
Il te faut accepter, il te faut vivre maintenant.
Bientôt sûrement tu ouvrira ton c½ur a une autre, tu l'aimeras autant que moi, j'espère.
Je ne serais maintenant plus qu'une ombre dans ta vie, mais sache que je t'aimerais toujours.
Oublies moi, je ne supporterais pas de te faire souffrir, oublies moi, vis ta vie et sois heureux.
Au revoir, prends bien soins de toi.
Je t'aime...

Myllia



L'oublier...
C'était un mot si simple...
Mais fallait-il vraiment oublier?
Comment oublier celle que l'on ne voulait pas oublier?
Complètement sonné, il fallut quelques minutes a Eléo pour comprendre l'étrangeté de la situation.
Comment avait laissé une lettre?
L'avait-elle laissé avant?
Savait-elle qu'elle mourrait?
C'était totalement irréaliste mais Eléo n'avait, en fait aucune envie de résoudre ce mystère, c'était inexplicable?
Tant pis, il s'en foutais, seul les mots comptaient a présent.
Seuls les quelques mots, qui ne serviraient jamais a un au revoir pareil.

"On ne se reverra pas"

Si ça avait était logique, Eléo n'avait pas vraiment voulu y croire, mais la preuve était là, elle lui confirmait le supplice.
Je t'aimerais toujours...que dire?
Rien.
Que répondre?
Pas plus.
Que faire?
Pleurer, pleurer et courir, courir loin, courir sans s'arrêter, sans sentir le vent sur la joue, ni la douleur des jambes, ni la faim, la soif, courir, s'arrêter a la limite inexistante du monde, et hurler, hurler d'amour.
Et même dans ce cas, l'entendrait-elle?
Elle était loin maintenant, trop loin pour lui.

"Tu ouvriras ton c½ur a une autre".

Non, ça s'était impossible, au dessus des forces humaines, il ne se leurrerait pas, ne se mentirait pas.
Son âme s½ur est morte, il n'y a plus d'espoir.
Il refusait de jouer la comédie.
Il rangea la lettre dans sa poche, prit un stylo du bureau et ouvrit le journal.



Myllia, je t'aime, je refuse de t'oublier, je suis désolé, je ne te ferais jamais cette promesse. Jamais je ne pourrais vivre sans toi, je suis vraiment désolé, désolé de mon acte, je sais que tu ne me pardonneras pas, tu me diras que c'était stupide, tant pis, entendre ta voix, même en colère me rétablirais, je suis vraiment désolé, je t'aime.



Il remit le cahier a sa place, partit. Il ne parla plus de la soirée, ne mangea pas, ne but rien, ne dormit presque pas. Le matin, pour la première fois depuis longtemps, il se coiffa. Ce matin, il prit un grand soin a choisir ces vêtements, enpreinta du temps pour se préparer. Il écrit un mot, le mi dans sa poche, et partit au collège.
En arrivant, Tella vint l'accueillir. Il ne parla pas beaucoup avant de disparaître.

"Je suis désolé, je t'en, pris comprends moi, a la sonnerie, il sera trop tard. Je l'aime trop."

Affolé, la pauvre fille blonde se rendit dans les bureaux du principal en regardant sa montre, cinq minutes.

-Monsieur je dois vous parler ces très urgent.
-Hum... je suis un peu occupé mais allez-y, parlez, mademoiselle?
-Ganbi monsieur, Tella Ganbi. Je viens vous voir, pour vous supplier de débrancher la sonnerie.
-Et pourquoi donc ferais-je une chose pareil jeune fille? Je vous signale que vous devriez déjà vous rapprocher du réfectoire pour assister a votre brevet des collèges, je n'ai pas de temps a perdre. commença a s'emporter le vieux bonhomme
-Monsieur je vous en supplie, un ami a moi va commettre une erreur je vous en pris débrancher l'alarme ne serais qu'une fois!
-Votre ami? Que va-t-il faire?
-Il a va... essayer de rejoindre la jeune Myllia a la sonnerie, vous devez l'en empêcher!
-Myllia...Myllia Minoes? Mais cette jeune fille est morte! Comment pourrait-il...

Il s'arrêta de parler, l'homme avait comprit la situation.

-Je vous pris de me donner des détails mademoiselle...

Encore une fois, il s'arrêta, des cris lui parvenait de la cour. Il sortit en courant, Tella sur ses tallons. Il sortirent et virent les élèves de toutes les classes tétanisés, les yeux rivés sur le toit. Le principal leva la tête et découvrit la cause du tumulte. Un jeune homme se tenait là haut, près a sauter. Tella recommença.

-Monsieur, je vous pris, faîtes ce que je vous dis! il a dit! A la sonnerie...

Mais le bonhomme ne l'écouta pas. Il gardait les yeux sur l'élève suicidaire.

-Descend de là mon garçon, tu ne sauteras pas.

Sa parole désarçonna tout le monde, il ne tutoyait jamais personne, mais Eléo resta de marbre, et secoua juste lentement la tête. Alors le monsieur se tourna enfin vers la pauvre fille qui avait donné l'alerte.

-Vous le connaissez bien n'est ce pas? Pourquoi a-t-il l'intention de commettre une acte aussi radical?
-Je vous l'ai dis monsieur, il veut rejoigne Myllia, il est triste et complètement perdu.
-Il est juste triste? insista la vieux monsieur.
-Il y a principalement de ça mais ce n'est pas t... répondit prudemment la jeune fille.
-Alors il ne sautera pas, coupa l'autre
-Monsieur je vous promet, il le fera!
-Bien sur que non, j'ai eu d'autre cas que celui là dans ma carrière jeune fille, ce garçon ne sautera pas.

Il partit a grands pas vers son bureau sur de lui.

-Monsieur je vous en prie!
-Suffi! Je vous prierais de vous ranger la cloche va sonner ! Vous avez un examen.

Trois minutes, Tella ne perdit pas de temps, elle fonça dans les escaliers, passa par le local technique comme Eléo l'avait fait quelques minutes plus tôt et le rejoignit sur le bord.

-Eléo ne fais pas ça. Tu le sais, Myllia ne voudrais pas... Elle trouverait ça bête!
-N'approche pas Tella, rien de ce que tu pourras dire ne me feras changer d'avis, je sauterais et j'espère bien que la hauteur de ce bâtiment sera suffisante.
-Pour te tuer? Crois tu vraiment que Myllia voudrait que tu sacriefis ta vie comme ça? Elle qui te trouverais intelligent! Supplia-t-elle.
Une minute.
-Non Tella
-Allons Eléo, nous respectons tous ta peine, se sera difficile mais tu peux l'affronter ce deuil, ce n'est pas comme s on te demandait de l'oublier!

Une joue coula sur la joue du jeune homme.

Dix secondes.

-Eléo, s'il te plait ne fais pas ça!

Drinnnnnnnng

-Au revoir Tella prends soins de toi. Je dois le faire.
-Noooooooooooooooooooon!

Trop tard. Elle s'approcha du toit. Son corps était là, en bas, il gisait.




L'appareil se mit a bipper, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, inlassablement. Tella leva la tête, l'espace d'un instant, elle avait cru le voir bougé. Elle s'était trompé. Son esprit l'avait désabusé, pour la énième fois depuis ce matin. Elle ne pouvait rien faire d'autre que penser, en ce moment, alors qu'elle restait au chevet du petit ami de sa meilleure amie. Ce qu'il avait fait était stupide, évidemment, il aurait pu choisir de faire autre chose, on avait toujours le choix, cependant, elle comprenait. Si la chute depuis le toit du collège ne l'avait pas achevé, elle ne l'avait épargné non plus. En effet, le résultat avait été assez désastreux: plusieurs cotes cassées, de nombreux chocs a la tête et un coma profond. Désastreux, en effet, mais au moins, il s'était raté, il n'était pas mort... pas vraiment.


(c) Myllia's texte
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# Posté le samedi 05 juillet 2008 09:20

Modifié le samedi 07 mars 2009 16:49